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Je vais bien, mes amis aussi, du moins ceux que j’ai pu joindre. Istanbul vit un enfer. Ils cherchent à tuer la ville, la voie de sa population. La situation est terrible. La police a attaqué le parc alors qu’il y avait des milliers de personnes, dont des centaines de jeunes enfants, des personnes âgées, des handicapés et des animaux sans défense. Les gens ont été gazés sans pitié. Des centaines de personnes se sont réfugiées à l’Hôtel Divan, qui a toujours ouvert ses portes aux manifestants. C’était l’enfer. Le gaz entrait dans l’hôtel en même temps que les manifestants. On nous a dit d’aller en salle de conférence en bas des escaliers. Il y avait beaucoup d’enfants et beaucoup de personnes blessées. C’était terrible. Des scènes comme dans un film d’horreur. C’était difficile de respirer, nos peaux nous brûlaient, il faisait très chaud, nous suions comme des fous, les gens pleuraient, s’évanouissaient, vomissaient, appelaient à l’aide… Après une heure et demi, on nous a dit qu’il était sur de fuir vers Harbiye. Nous sommes passés devant des centaines de policiers et beaucoup de véhicules de combat en marche vers Nisantasi. Les gens sont descendus dans les rues contre cette barbarie, criant des slogans et tapant des casseroles. Deux de mes tantes étaient dans la rue, trempées, suite aux tirs d’un canon à eau ; elles ont la soixantaine bien passée et ont été jetée contre le mur par l’eau. Comme d’autres jours avant, Kizilay, le croissant rouge turc, refusait de transporter les blessés, et des sources très fiables (des docteurs) m’ont rapporté les faits. Les docteurs d’un petit hôpital privé ont dû payer une compagnie privée pour faire transporter une personne gravement blessée qui a pu ainsi survivre. C’est un scandale. Nous vivons dans un Etat policier. La police a arrêté 49 avocats en investissant le Palais de Justice l’autre jour. Maintenant ils essayent d’arrêter tout docteur ou toute infirmière qui aide les manifestants blessés. Le gouvernement et le gouverneur d’Istanbul continuent de parler de “groupes marginaux”. Le masque de la démocratie et de l’État de droit est tombé dans ce pays. Priez pour nous et diffusez l’information. (lire la suite: « Terreur répressive à Istanbul »)

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Le gouvernement et le gouverneur d’Istanbul continuent de parler de “groupes marginaux”…

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Turquie : l’eau des canons mélangée avec du gaz, une folie

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Leur peau brûle, leurs yeux sont rouges, leur visage cerné de plaies. Les manifestants turcs se plaignaient que l’eau des canons était mélangée avec des produits, le gouvernement démentait, mais la théorie des victimes semble être validée.

Comme des preuves à l’appui, des photos montrent un agent ajoutant un liquide dans le réservoir d’un véhicule, du « Jenix ». Ce dernier est un gaz poivré conçu à Istanbul, en Turquie. Exclusivement réservé aux institutions publiques et aux autorités, ce bidon de 10kg est donc directement versé dans les camions propulsant les jets d’eau. Les photos et le témoignage nous ont été transmis par une manifestante turque qui dort depuis deux jours dans une tente installée place Taksim.

Pendant ce temps, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré dimanche qu’il était de son « devoir » de « nettoyer » la place Taksim d’Istanbul, après l’intervention de la police samedi soir contre le dernier bastion des manifestants qui réclament sa démission.

« J’ai dit que nous étions arrivés à la fin. Que c’était devenu insupportable. Hier, l’opération a été menée et (la place Taksim et le parc Gezi) ont été nettoyés (…) c’était mon devoir de Premier ministre », a lancé M. Erdogan lors d’une réunion publique de son parti à Istanbul.

Le gouverneur d’Istanbul a finalement avoué l’utilisation d’un additif, « un médicament » selon lui. (source)

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Les manifestants ont trouvé la parade aux lacrymogènes

Ils utilisent des bidons d’eau minérale…

article_2013-06-17-T_as_vu_-_OccupyGazi_Bonbonne_d_eau_Aperc__uAlors que le gouvernement turc a menacé vendredi de faire intervenir l’armée pour empêcher d’éventuelles manifestations à Istanbul, les manifestants ne semblent pas prêts à renoncer à leur mouvement de protestation. Un appel à la grève générale a été lancé par deux des grands syndicats d’ouvriers en soutien à la contestation et pour dénoncer les violences policières contre les manifestants.

Les protestataires semblent de plus en plus organisés, comme le montre cette vidéo mise en ligne sur des sites de partage, où des opposants ont trouvé une technique pour maîtriser les grenades lacrymogènes envoyées par les policiers. Où l’on s’aperçoit de l’utilité des bidons d’eau en plastique.

[Rébellion en Turquie] « Créer et multiplier les espaces d’opposition et de solidarité »

Les espaces publics, les coins des rues, les quartiers pauvres crient à haute voix pour une véritable démocratie. De Tahrir à Sintagma, les foules nous invitent tous à voir : à voir les inégalités d’un système en crise totale, des sales jeux des technocrates et des parlementaires, de l’insécurité des dictateurs et de faux démocrates.

Ils nous veulent sans alternative – tout ce que nous pouvons faire est de jouer selon les règles. Travailler plus. Faire avec moins. Et se contenter de ce qui reste. La conséquence de ces 30 années de mensonges c’est encore plus d’inégalités et plus de servitude.

C’est contre ce mensonge que le présent se révolte. C’est là que nous commençons notre lutte.

Le système capitaliste ne peut plus cacher les conséquences de la crise dans laquelle il s’étrangle et se paralyse. La rapide destruction de l’environnement et la crise économique mondiale signifient la même chose pour tous les pauvres et les opprimés partout dans le monde : un désastre. Année après année, les taux de chômage augmentent contre toute manipulation statistique, certains sont marginalisés en étant déclarés ‟inemployables”, tandis que la grande majorité de ceux qui sont en mesure de trouver un emploi sont condamnés au travail précaire.

Les jeunes et les femmes sont, plus que tout autre, les premiers à vivre dans la pauvreté, même s’ils travaillent dur. Les droits sociaux élémentaires tels que l’éducation, l’accès à la santé et le logement sont attaqués un par un : nous pouvons en profiter aussi longtemps que nous pouvons les payer. Les conséquences de l’inégalité économique mondiale forcent des millions de personnes à migrer, soit directement – par la faim et la déterritorialisation –, soit indirectement, par les conflits et les guerres. Ceux qui font la queue aux portes blindées du monde civilisé, les victimes de discrimination et de racisme permanents, ne peuvent exister que comme force de travail bon marché facilement utilisable, et être entraîner dans des conditions de vie encore plus misérables que les plus pauvres de leur nouvelle patrie.

Et en réponse à cette crise globale, les pouvoirs actuels demandent encore plus. Les entreprises et les gouvernements ont transformé la crise en une opportunité et attaquent tout ce qui a été durement gagné par des centaines d’années de luttes. Ainsi, le capital cherche à mettre la main sur les espaces urbains et sur notre vie quotidienne que nous produisons tous en commun ; sur les zones rurales à qui nous devons notre existence, sur leur approvisionnement en eau, et même sur les semences qui les font vivre ; sur les droits que nous avons arrachés par des décennies de luttes sociales ; sur les idées et les biens que nous produisons en commun, et même sur nos gènes. (source & suite)

 

Soulèvement Turc : 11 images qui vous donneront chaud au coeur

Depuis plus deux semaines, les manifestants turcs ont répondu à tous les cas de violences policières par des actes de bonté et de solidarité. En voici quelques exemples. voir les photos

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