EndCivCela fait quelques temps que ça résonne dans ma tête, je voulais en parler et il se trouve que cet extrait du très bon documentaire END:CIV tombe à pic. Je pense sérieusement que la culture de la non-violence est l’une des causes de la stagnation du système putride, du statu-quo. Elle nous dé-sert plutôt qu’elle ne nous sert.

Alors bien sûr il y a cette moralité répandue qui dit qu’on ne résout pas la violence par de la violence, qu’il faut montrer l’exemple (…). Cette belle mentalité n’aide cependant pas à « changer les choses » : les banksters continuent de toucher les intérêts de la Dette, les ripoux-blique continuent leur jeu des chaises musicales, les réseaux pédophiles continuent leur bonhomme de chemin, la Démocratie Réelle n’a toujours pas émergé ().

Un extrait du documentaire END:CIV sur le dogme de la non-violence

(le documentaire en entier: https://vimeo.com/118225132)


Cette image reprend la pensée de l’écrivain Henry Makow qui disait dans un ouvrage ou sur son site (je ne me souviens plus où l’avoir lu) qu’à son avis, si le régime totalitaire étasunien n’avait pas franchi le dernier cap liberticide et totalitaire, c’était (selon lui) en partie grâce (ou à cause) du fait que les américains étaient encore massivement armés. Je plussoie à cette analyse ;

port-darmes

Bien sûr, notre conditionnement baba-cool, humaniste patin-couffin nous fait sans surprise rejeter machinalement cette vision. Jusque quand ?


Le texte ci-dessous provient de nos collègues du 4ème singe, autre site de réflexion/information :

La “Non-Violence” – De Gandhi à la CIA
Non-violence et Liberté – Réflexions

Les évènements de ces derniers mois, de ces dernières semaines, sont riches en affrontements entre policiers et manifestants, et l’Hexagone n’est pas le seul pays touché par ces heurts. En France, le projet du barrage de Sivens a récemment fait parler de lui, avec la mort de Rémi Fraisse, lors “d’affrontements” avec des gendarmes mobiles; il y a la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, où policiers et autres représentants des forces de l’ordre sont régulièrement en conflit avec les opposants à la construction de l’aéroport (le site Reporterre propose un excellent dossier pour suivre l’affaire). Au Mexique, l’enlèvement en septembre des 43 étudiants d’Ayotzinapa (qui se sont probablement fait tuer) a joué le rôle de catalyseur dans un pays en proie à une corruption qui a, depuis de nombreuses années, gangréné tout l’appareil étatique. Depuis, de nombreuses manifestations ont régulièrement lieu, avec de nombreux débordements, et des violences policières comme populaires.

C’est donc l’occasion de revenir sur un concept controversé, et dont bien des aspects sont passés sous silence.


Quand on regarde la définition Wikipédia de la Non-Violence, on trouve:

  • La non-violence est une philosophie qui délégitimise la violence, promeut une attitude de respect de l’autre dans le conflit et une stratégie d’action politique pour combattre les injustices.

Le site web latoupie.org en donne la définition suivante:

  • La non-violence est la philosophie, l’attitude politique de ceux qui rejettent l’utilisation de la violence dans la résolution des conflits. Les partisans de la non-violence ont recours à des moyens pacifiques pour promouvoir leurs idées, combattre une injustice ou pour résister à une agression. Ils prônent le respect de l’adversaire et des luttes qui ne portent pas atteinte à son intégrité physique ou morale. […]
    Elle a été popularisée au début des années 1920 par  Gandhi (1869-1948) pour la libération de l’Inde de la tutelle anglaise et l’abolition des castes. […]

On en revient souvent à Gandhi, qui serait donc un apôtre de la non-violence.

Pour lui:

  • La non-violence ce n’est pas simplement ne pas être violent; c’est aussi agir positivement pour résister à l’oppression et faire naitre le changement.

Il y a principalement deux raisons pour lesquelles j’écris cet article ; la première c’est la différence entre ce que Gandhi entendait par non-violence (et par extension ce qu’il pensait de la violence), et ce qu’entendent par non-violence certains de ses partisans d’aujourd’hui (et par extension ce qu’ils pensent de la violence). La seconde raison, c’est l’utilisation de la non-violence par certaines organisations de propagande (euphémisme) américaines, un fait complètement ignoré du grand public, car occulté par les principaux médias d’informations.

L’ONU sur Gandhi et la non-violence:

  • Toute sa vie durant, Gandhi est demeuré convaincu du bien-fondé de la non-violence, même dans des conditions oppressives et face à des difficultés apparemment insurmontables.

Le site web de l’ONU explique aussi que:

  • Le professeur Gene Sharp, grand spécialiste de la résistance non-violente, utilise la définition  suivante dans son livre The Politics of Nonviolent Action (Les politiques de l’action non-violente) :
    « L’action non-violente est une  technique grâce à laquelle ceux qui rejettent la passivité et la soumission, et qui considèrent que la lutte est essentielle, peuvent livrer leur combat sans recourir à la violence. L’action non-violente ne cherche pas à éviter ou à ignorer les conflits. C’est une façon de répondre à la question de savoir comment mener une action politique efficace, et de savoir en particulier comment utiliser ses pouvoirs avec efficacité ».

Retenez le nom de ce professeur, nous y reviendrons plus tard.


Gandhi

Gandhi est considéré dans le monde entier, aux yeux du grand public, comme l’apôtre de la non-violence. Et son nom est bien souvent utilisé lors de discussions, de débats, pour s’opposer à toute idée violente.Un excellent article de Fakir, s’intéresse à des passages moins connus de la vie de Gandhi, extraits:

  • D’abord, la guerre des Boers entre 1899 et 1902. Gandhi réside alors en Afrique du Sud, où il dirige le Natal Indian Congress. Avec ses partisans, il incite alors les Indiens à rejoindre les troupes de l’Empire britannique qui affrontent les Boers, les colons hollandais. C’est volontairement qu’ils prennent part au conflit, et ils en seront même décorés. Par sa fidélité, Gandhi espère séduire le gouvernement britannique, obtenir l’indépendance avec sa bénédiction. Il déclare alors : « Notre devoir ordinaire en tant que sujets n’est pas de chercher le mérite militaire mais, lorsque la guerre a effectivement éclaté, de prêter main-forte dans la limite de nos moyens.  » Pour lui, « la passivité » des Indiens aurait été « criminelle », et se félicite donc qu’une « splendide et nombreuse division d’environ onze mille Indiens a quitté Durban pour le front ».

  • Il est difficile de concevoir une telle attitude comme un modèle de non-violence ! Plus fort encore, Gandhi exprima de l’admiration non seulement pour les qualités militaires des Anglais, «  qui se battaient vaillamment sur le champ de bataille », mais également pour celles de l’ennemi : « Chaque boer est un bon combattant » et « ils n’ont pas besoin d’entraînement intensif, car le combat est une caractéristique de toute leur nation  ». De manière similaire, lorsqu’ils voient leur liberté menacée, ils sont prêts à «  se battre comme un seul homme », « vaillamment  ». Les femmes sont qualifiées de « courageuses » et ont démontré qu’elles « n’avaient pas peur du veuvage et refusaient de se perdre à penser au futur ». La violence n’est pas condamnée, mais devient synonyme de courage et d’héroïsme, honorée indépendamment des objectifs poursuivis – et alors même que cette violence était infligée à une population entière, femmes comprises.
  • Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Gandhi s’engage à recruter cinq cent mille hommes pour l’armée britannique. Il s’active avec une telle ferveur qu’il écrit au secrétaire privé du vice-roi : « J’ai dans l’idée que si je devenais votre recruteur en chef, je ferais pleuvoir des hommes sur vous. » Mais ses compatriotes sont réticents à l’idée de se battre, voire de mourir, pour servir les intérêts de la puissance coloniale. Aussi, il les sermonne : «  Nous sommes considérés comme un peuple lâche. Si nous voulons faire mentir ce reproche, il nous faut apprendre l’usage des armes.  » À une autre occasion, il déclare : « Si l’Empire périt, avec lui périront nos espoirs chéris.  » Et sa propagande fonctionne : « à l’automne 1914, environ un tiers des effectifs britanniques en France étaient d’origine indienne  », et vers la fin de la guerre, un million d’Indiens avaient combattu après avoir effectué un long périple. Grâce à ses efforts, également, ces soldats « n’étaient pas des conscrits réticents mais se montraient tous volontaires et enthousiastes ».

À cela nous pouvons ajouter quelques citations tirées de ses livres ou de ses discours:

  • Il vaut mieux être violent, si la violence est dans nos cœurs, que de se réfugier derrière la non-violence pour camoufler notre impuissance. La violence est toujours préférable à l’impuissance. L’espoir de devenir non-violent existe l’homme violent. Il n’y a pas d’espoir pour l’impuissant.
  • Celui qui ne peut se protéger lui, ou ses proches, ou leur honneur, en affrontant la mort non-violemment, peut et doit se servir de la violence contre son oppresseur. Celui qui ne peut faire ni l’un ni l’autre est un fardeau.
  • Si la possibilité de légitime défense non-violente est manquante, il ne doit y avoir aucune hésitation à user de moyens violents.
  • Quand la violence sert à se défendre, ou à défendre les démunis, elle est un acte de bravoure incomparable à une lâche soumission.

Rappelons, bien évidemment, que Gandhi était en premier lieu toujours favorable à la non-violence, qu’il considérait comme la plus efficace des formes de lutte.


Autres critiques de la non-violence

Léon Trotski, Frantz Fanon, Reinhold Niebuhr, Subhash Chandra Bose, George Orwell, Ward Churchill et Malcolm X étaient de fervents critiques de la non-violence, soutenant de maintes façons que la non-violence et le pacifisme sont des tentatives d’imposer au prolétariat la morale de la bourgeoisie, que la violence est un accompagnement nécessaire au changement révolutionnaire, ou que le droit à la légitime défense est fondamental.

George Orwell écrivait :

  • Le Pacifisme est objectivement pro-fasciste. Le dire n’est que faire preuve de sens commun élémentaire. Si vous entravez l’effort de guerre d’un côté, vous aidez automatiquement celui de l’autre camp.”

Durant les années 1960, pendant les répressions violentes des mouvements radicaux noir américains aux États-Unis, George Jackson, membre des Black Panther, dit des méthodes non-violentes de Martin Luther King, Jr.:

  • « Le concept de non-violence est un faux idéal. Il présuppose l’existence de la compassion et d’un sens de la justice de la part de l’adversaire. Lorsque cet adversaire a tout à perdre et rien à gagner en faisant preuve de justice et de compassion, sa réaction ne peut être que négative. »

Malcolm X s’est également opposé aux leaders de la lutte noir-américaine pour les droits civiques sur la question de la non-violence, en soutenant que la violence n’est pas à exclure si aucune autre solution n’existe : « Je crois que c’est un crime pour quiconque est brutalisé que de continuer à accepter cette brutalité sans faire quelque chose pour se défendre. »

Lance Hill critique la non-violence en tant que stratégie inefficace et soutient que l’auto-défense de noirs armés et la violence civile ont plus motivés la réforme des droits civiques que les appels pacifiques à la morale et la raison (voir Lance Hill Diacres de la Défense).

Dans son livre Comment la non-violence protège l’État, l’anarchiste Peter Gelderloos critique et définit la non-violence comme étant inefficace, raciste, étatique, patriarcale, tactiquement et stratégiquement inférieure à l’activisme militant, et bercée d’illusions. Gelderloos affirme que l’histoire traditionnelle dissimule l’impact réel de la non-violence, en ignorant l’implication des militants dans des mouvements tels que le mouvement pour l’indépendance de l’Inde et le mouvement des droits civiques et donnant une fausse image de Gandhi et de Martin Luther King, en les décrivant comme étant les militants les plus actifs de ces mouvements. Il soutient de plus que la non-violence est généralement prônée par les blancs privilégiés qui s’attendent à ce que les « personnes opprimées, qui sont pour beaucoup des personnes de couleur, souffrent patiemment sous une violence de plus en plus forte, jusqu’à ce que le Père Blanc soit influencé par les revendications du mouvement ou que les pacifistes parviennent à réunir une légendaire «masse critique» ».


La non-violence instrumentalisée?

Le site Réseau Voltaire (que je n’apprécie pas particulièrement, mais qui fut le seul à soulever des FAITS importants et trop méconnus…) explique, dans un article de 2007, rédigé par Thierry Meyssan, comment la non-violence, étudiée et érigée au rang de doctrine par le professeur Gene Sharp, que cite l’ONU (voir le début de cet article), a été instrumentalisée.

Le professeur Gene Sharp est le fondateur de l’Albert Einstein Institution, une association à but non lucratif spécialisée dans l’étude des méthodes de résistance non-violente dans les conflits. Les buts de l’Albert Einstein Institution sont la défense de la liberté et de la démocratie, et la réduction de la violence par l’action non-violente.

Là ou ça se complique, c’est quand on lit sur sa page wikipédia:

“Des attaques malveillantes ont accusé Gene Sharp et son institution de travailler pour la CIA et le gouvernement américain. Ces accusations sont fausses et relèvent de théories du complot comme l’a démontré un chercheur indépendant, Stephen Zunes.”

Mais qui est ce “chercheur indépendant” Stephen Zunes?

->> Il s’avère être un des membres dirigeants de l’ICNC (International Center on NonViolent Conflict). Cette organisation privée est principalement financée par les capitaux personnels de Peter Ackerman, son président fondateur.

Peter ACKERMAN

Peter Ackerman est un ancien banquier, collaborateur de Michael Milken (Une enquête pour délit d’initié amena à sa mise en examen pour 98 chefs d’inculpation de fraude en 1989. Après un accord, Michael Milken fut condamné à dix ans de prison, mais en fit moins de deux. Il entreprit ensuite une campagne de relations publiques pour mettre en avant son rôle d’innovateur dans la finance, et fit des dons caritatifs), il a été directeur de la banque d’affaires Drexel Burnham Lambert, qui a fait faillite sous sa direction…

Peter Ackerman est aussi membre du conseil d’administration de l’Albert Einstein Institution

L’actuel directeur de l’ICNC, Jack DuVall, a fondé, avec un ancien directeur de la CIA, R. James Woolsey, Jr, l’institut Arlington, un think-tank à but non-lucratif, qui étudie les perspectives futures de l’humanité (…).

En bref, des gens très honnêtes et tous très indépendants.

Revenons donc à la Albert Einstein Foundation, dont la doctrine et les thèses non-violentes sont mises en avant par l’ONU. En décembre 2007, sa directrice exécutive, Jamila Raqib, a écrit que:

“Les allégations de financement de l’institution Albert Einstein par n’importe quel organe gouvernemental est catégoriquement fausse.”

Le problème, c’est que lorsqu’on se rend sur leur site officiel, et qu’on jette un œil à un de leurs bilans annuels, on trouve rapidement ceci:

Albert Einstein Foundation bilan annuel

Parmi ces généreux donateurs donc, la fameuse NED (National Endowment for Democracy); cet article du monde diplomatique, ainsi que la page wikipedia de la NED expliquent clairement, preuves à l’appui, les rôles plus que douteux de la NED dans de nombreux évènements, parfois violents, un peu partout sur la planète (dont le fameux coup d’état raté contre Chavez au Venezuela en 2002). La NED a été fondée en 1983 et la plus grande part de ses fonds provient du département d’État des États-Unis, avec approbation du Congrès.

Une citation claire (phrase prononcée par le premier président de la NED), qui permet rapidement de comprendre ce qu’est la NED:

allen ned

L’USIP, United States Institute of Peace, est, elle, financée par le congrès des Etats-Unis et autres agences gouvernementales…

Donc, l’Institution Albert Einstein, contrairement à ce que proclame sa directrice, est bien financée, entre autres, par des organes gouvernementaux, qui ne sont pas des exemples d’honnêteté non plus.

Sur son site internet l’Institution Albert Einstein explique qu’elle agit en finançant des projets de recherche, des groupes d’activistes résistants, pro-démocratie, et travaille à propager l’idée de la non-violence via toutes sortes d’outils médiatiques, et dans le monde entier.

On a donc là tout un sac de nœuds de dirigeants, de présidents, de directeurs exécutifs, d’anciens banquiers, d’anciens directeurs de la CIA, des financements par des organes gouvernementaux plus que louches d’institutions et d’organisations prônant la non-violence…

Cela soulève des questions intéressantes; la non-violence et le pacifisme sont-elles des tentatives d’imposer au prolétariat la morale de la bourgeoisie?

Plus on creuse voir qui finance qui, qui a des liens avec qui, et plus l’on se rend compte des centaines de connexions établies entre toutes ces organisations, associations, c’en est vertigineux…


A chacun de faire son enquête, et son propre avis.

Le but de cet article n’est pas d’insinuer que la non-violence est une arnaque, ni que la violence est une solution, simplement de nuancer en apportant des preuves intéressantes de collusions et de manipulations de la part d’organisations “à but non lucratif”, et censées œuvrer pour un monde meilleur…

Pour conclure, une citation de Nelson Mandela, à propos de Gandhi:

  • «Nous avons tous les deux souffert de l’oppression coloniale et nous avons tout deux mobilisé nos peuples contre des gouvernements qui ne respectaient pas notre liberté […] Je me suis éloigné de lui mais […] lui-même n’a jamais complètement désavoué la violence. Violence et non-violence ne sont pas mutuellement exclusives…”

Sources et divers liens complémentaires:

http://www.swans.com/library/art14/barker01.html

http://books.google.fr/books?id=qN96JgiMlscC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

http://mailstar.net/Sharp-Soros-NED-CIA.html

http://www.voltairenet.org/article15870.html

http://www.laviedesidees.fr/IMG/pdf/20100726_gandhilaurent.pdf

http://www.fakirpresse.info/Au-pays-de-Gandhi-786.html


Non-Violence et Liberté

par Lona Harmaan
 

Nous sommes abreuvés depuis des milliers d’années d’images de vaillants héros, pourfendeurs de vilains. La violence, le meurtre, sont apparemment justifiables quand émanant de bonnes intentions, et indéfendables quand émanant de mauvaises.

L’histoire est remplie de gens dont les bonnes intentions résultèrent en d’atroces et sanglants accomplissements. Le patriote se bat pour le bien de son peuple, le soldat se bat par loyauté, le religieux pour ses croyances, l’athée pour la raison, l’écologiste pour la nature, le scientifique pour le progrès… La plupart affirmeront en toute bonne foi se battre pour le bien.

La question n’est pas ici de savoir qui est dans le vrai, mais de rappeler que les intentions ne peuvent être classées avec probité entre bien et mal.

Donc l’intention ne peut en aucun cas être utilisée pour justifier ou condamner la violence.

Notre conception du Bien ne pouvant pas être généralisée, elle n’est valable que pour nous et ne peut donc servir de référence pour autrui.

Là intervient un autre élément : pour pouvoir suivre ses convictions il faut respecter la Liberté de chacun, qu’il garde la possibilité de suivre sa notion à lui du bien et du mal. Le fait que votre idée du Bien diffère de la sienne ne signifie pas qu’il ait tort, ni que vous ayez raison.

Si vous êtes convaincus d’être dans le Vrai et le Bien vous apprécierez d’autant plus que votre liberté ne soit pas entravée, et par extension et humilité que celle de votre prochain ne le soit pas non plus.

liberte

Un concept vient se placer au-dessus du Bien : le respect de la liberté et la non-domination.

On trouve là une justification pour une certaine forme de violence: protéger et défendre la liberté dans les situations qui tentent de l’entraver. Avant que l’on se jette tous aux trousses de ceux qui ont un jour entravé les libertés humaines, vient se poser un autre obstacle, sous-produit de la liberté : le Consentement.

Le consentement est un choix, même s’il s’agit d’un abandon de ses responsabilités. Je l’affirme, la société qui est la nôtre est donc le fruit du consentement d’une majorité. Cette majorité a consenti à déléguer son pouvoir à une poignée d’hommes, au lieu de l’exercer directement.

Nous voulons changer le monde, mais est-il juste de s’en prendre aux représentants légitimes (car tolérés) d’une population ? Dans quel scénario quelqu’un de bien intentionné renverserait le pouvoir en place, le remplaçant par le sien, sans dominer et entraver la liberté du peuple avec des dogmes différents ?

Le changement, aussi bien intentionné soit-il ne peut se faire dans la violence car tout état en place est maintenu par le choix et le consentement d’une majorité. Que ce soit le citoyen qui ne veut pas savoir dans quelles conditions sont produits les objets qu’il achète, ou le CRS qui choisit l’obéissance plutôt que l’empathie.

Que faire ? Respecter la liberté des autres autant qu’on apprécie la nôtre. Vivre selon notre idée du Bien. Prendre conscience de nos propres imperfections afin d’être plus indulgent envers celles des autres. Et apprendre, dans la limite du Bien et de la Liberté.

Lorsqu’une majorité agira en pleine conscience de ses actes, sans offrir sa liberté à d’autres, la société se transformera pour continuer à être à l’image de ses créateurs, tournée vers le bien.

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